
Texte intégral du journal:
On connaît Franta pour l'exellent travail qu'il présente
depuis de longues années dans le monde entier, et pour ses
recherches de formes et d'harmonies aux couleurs rares et contrastées.
Mais on le connaît moins dans secret d'un atelier, au profit
d'une noble cause, puisqu'il sagit de la reconstruction du Liban et
la paix retrouvée.
C'est sur ce thème qu'a "l'Atelier du Safranier", dans le vieil Antibes
, loin de sa tanière Vençoise, il a réalisé en compagnie de
Dominique Prévost, le maître des lieux, une gravure qui représente un homme
soutenant la misère du monde, avec courage.
Et selon la méthode au sucre, utilisée par Picasso, qui consiste
à travailler directement au pinceau sur le cuivre, l'artiste peut
s'exprimer sans contrainte, le plus spontanément possible.
Cette gravure sera éditée à 150 exemplaires.
Comme pour une sculpture, et avec cette technique, il convient
cependant de faire des essais et des expériences, ne pas hésiter
à recommencer avant de trouver la bonne épreuve et - enfin - obtenir le
"bon à tirer" de l'artiste.
Il faut savoir qu'avec cette technique si particulière, très près de la
sculpture, chaque épreuve est imprimée à la main; depuis l'encrage
à l'essuyage, chaque geste doit être fait manuellement.
Là encore, il ne faut pas confondre gravure et lithographie, celle-ci permettant
d'employer des techniques mécanisées.
A l'atelier du Safranier, nombreux sont les artistes qui viennent
s'essayer à ce moyen d'expression qu'utilisait Rembrant, Dürer et Pyranèse
, entre autres.
Parmi les contemporains, Gérard Eppelé, Bocca-Rossa, et d'autres
fréquentes régulièrement l'atelier, ainsi que Lisa de Kooning,
fille de Willem; des étudiants et des professionnels Californiens
viennent aussi régulièrement, depuis qu'ils ont appris qu'à Antibes, on
poursuit ces techniques.
En effet, l'ascention fulgurante de la lithographie avait fait oublier
des techniques plus anciennes remises au gout du jour dans les années
50 - par Picasso, génial "touche-à-tout" qui avait relancé la
gravure, en compagnie de "l'Ecole de Paris".
Claude Dronsard Journaliste
"Nice Matin" 7 Décembre 94
